Judgment : ne laissez aucun mystère altérer votre jugement d’enquêteur

Ryu Ga Gotoku. Un nom bien connu des fans des jeux “Yakuza“, la célèbre franchise de jeux d’action / aventure qui nous plonge au cœur de guerres entre mafieux et gangs nippons. À l’origine de ce Judgment, les développeurs japonais ont choisi de s’éloigner du thème de la mafia pour se concentrer sur celui de la justice, un spin-off toujours dans l’ambiance électrique de cet univers si caractéristique de la franchise. Surprenant grâce à de multiples rebondissements, cette aventure saura vous tenir en haleine en vous mettant dans la peau de Takayuki Yagami, un ancien avocat plein de remords. Maintenant détective privé, il va chercher à se racheter en aidant les habitants du quartier de Kamurocho à Tokyo. Edité par SEGA, Judgment est sorti au Japon en décembre 2018 mais est proposé depuis le 23 avril 2021 en version remaster next-gen sur Stadia, PS5 et Xbox Series. Que vaut donc ce polar façon Sherlock Holmes revisité à la sauce Yakuza, un véritable chef d’œuvre ?

Ce test a été réalisé avec l’aide de Koch Media, un grand merci à eux !

Mystères et boules de gomme à Kamurocho

Takayuki Yagami est un ancien avocat du cabinet Genda et membre du barreau de Tokyo. Toute sa vie a basculé lorsqu’il a acquitté un de ses clients, Shinpei Okubei. Toutes les preuves étaient en faveur de son innocence… Mais tout le monde peut faire des erreurs, et quelle erreur d’avoir réussi – à l’époque, acquitter quelqu’un est un véritable exploit – à sauver un monstre tout sauf innocent… Le tueur en série tue alors sa petite amie et met le feu à leur maison, réduisant en cendres la carrière du brillant avocat. Une très belle introduction qui montre dès le début du jeu que Judgment est largement capable de vous surprendre. Trois ans se sont écoulés depuis la tragédie et Yagami s’est reconverti en détective privé. Votre mission se résumera alors à vous occuper d’enquêtes en tout genre dans le quartier de Kamurocho.

A chaque scène de crime, vous devrez orienter la caméra – forcément en vue subjective pour ces parties de gameplay – vers les indices. Vos talents d’analyse et de déduction seront utiles que ce soit pour repérer un individu dans la foule ou examiner documents et scènes de crime. Le drone et l’appareil photo sont aussi indispensables, à vous de les utiliser à bon escient. Être détective veut dire aussi suivre le suspect sans vous faire repérer. Une phase de gameplay vite redondante et dont on se lasse assez rapidement… Il arrive aussi que vous soyez obligé de vous lancer dans des courses-poursuites : votre personnage court tout seul et esquive les obstacles si vous pressez des boutons au bon moment.

Filatures : originales mais vite lassantes

Menez votre enquête mais ne jugez pas trop vite !

Si vous croyez qu’être détective privé est facile, vous vous trompez ! Vous devrez souvent mener des interrogatoires et dans ces phases, le jeu vous impose de poser les bonnes questions de façon à avoir un jugement objectif. De cette façon, aucun mystère ne pourra vous résister. Si vous aimez mettre votre nez là où cela ne vous regarde pas, vous êtes au bon endroit. Les dialogues sont développés de sorte à vous aider dans vos investigations. Une fois que vous pensez avoir toutes les cartes en main, vous pourrez tirer vos conclusions et selon la mission, accuser ou non quelqu’un… On se sent vraiment libre de faire nos choix, c’est réussi !

Choisir de poser les bonnes questions…

Au fut et à mesure de votre progression, vous gagnerez en réputation. Qui dit une meilleur réputation de Takayuki Yagami et de son cabinet, dit aussi toujours plus d’affaires. Beaucoup de missions annexes s’ajoutent aux treize chapitres de l’histoire principale, en plus des nombreuses activités qui vous permettront de faire autre chose que des enquêtes. Comptez une quarantaine d’heures pour venir à bout de l’histoire principale, et une centaine d’heures pour tout finir. Difficile de trouver le repos !

Le Japon moderne : un monde semi-ouvert à parcourir

Quelle magnifique représentation des quartiers typiques nippons, des salles de jeux aux parcs en passant par les bars et les restaurants : bravo Ryu Ga Gotoku Studio, c’est vraiment un plaisir de parcourir le monde que nous propose Judgment ! Principalement à pied, une fois le premier chapitre terminé, vous pourrez traverser la ville et vous y perdre, une expérience très immersive, renforcée par la présence de la vue à la première personne, que vous avez le choix d’activer ou non. Ce sentiment d’être dans la peau de Yagami s’intensifie à mesure qu’on découvre la ville, en devenant ami avec ses habitants et en les aidant via certaines missions par exemple.

Kamurocho : quartier magnifiquement représenté

Le marché et les commerces sont une façon de griller votre argent durement gagné et de vous faire plaisir pour restaurer votre énergie, décorer votre bureau… On regrette cependant la présence de murs invisibles qui cassent un peu l’immersion en jeu mais qui sont obligatoires : Judgment n’est pas vraiment un monde ouvert. Vous pouvez aussi traverser la ville en utilisant le système de taxis et même découvrir des zones de jeu en dehors de Kamurocho, ce qui peut se révéler pratique pour enchaîner les missions sans perdre du temps, chose qu’on vous déconseille au vu de la beauté de la ville et de toutes les activités dont elle regorge.

Le téléphone portable permet de suivre les affaires en cours, d’ouvrir la carte de la ville, d’améliorer vos aptitudes mais surtout de pouvoir prendre des photos – et même des selfies. Si vous êtes perdu dans l’interface voire même dans le jeu en général, pas de panique, on y trouve même une aide contenant toutes les astuces et conseils possibles, de quoi largement rassurer les débutants !

Combats acharnés, la violence pour seule défense

Judgment n’est pas qu’un jeu où vos cinq sens sont mis à rude épreuve grâce aux enquêtes à résoudre. Vous vous retrouverez souvent en combat et même souvent à votre plus grande surprise ! Rien qu’en vous baladant dans Kamurocho, des bandes de mafieux viendront régulièrement se mettre sur votre chemin. Même s’il est possible de les éviter, on a l’impression qu’il est difficile de les semer, le combat reste donc inévitable. Vous pouvez choisir entre deux styles d’attaques : la Grue (en bleu), techniques EX rapides et adaptées pour les groupes d’ennemis, et le Tigre (en rouge), de puissantes attaques pensées pour les duels. Des slow motion rendront vos combats un peu plus cinématographiés, avec un sens de la mise en scène digne d’un film d’action. Dans l’ensemble, c’est très réussi, on peut reprocher quand même la façon dont les ennemis meurent : vous aurez l’impression d’être un peu un super héros…

Combattre avec style, loin d’être impossible !

Oubliez le spam de boutons, mise à part faire des combos qui vous sauvent en début d’aventure, le jeu vous demandera de réfléchir à votre approche et au style de combat choisi. Saisir votre ennemi pour briser sa garde ou prendre une batte à proximité ? Les attirer près des murs pour faire un saut mural ? Plein de questions que vous vous poserez en temps voulu, tout est ficelé et très bien expliqué, la courbe de progression est linéaire.

Améliorer ses aptitudes et ses pouvoirs

Pour pimenter ces affrontements, vous pouvez utiliser des pouvoirs électriques, d’invincibilité, de boosts de dégâts ou bien encore pour gêner vos ennemis, à vous de trouver ce qui vous plaît. Vous devrez forcément les améliorer ainsi que votre jauge de vie par exemple. Une sorte de personnalisation du gameplay appéciable : vous choisissez votre style de jeu ! Les possibilités sont nombreuses et chacune se débloque en fonction de votre progression ou en échangeant des points d’action (PA) que vous récolterez dans vos nombreuses enquêtes et missions.

Ribambelle de mini-jeux SEGA : des jeux dans le jeu

Lorsqu’il n’est pas sur la trace de mafieux ou de tueurs en série, Yagami peut passer son temps libre comme il le veut, par exemple dans les bars et dans les salles d’arcade pour se détendre en jouant : des jeux dans le jeu ! Ryu Ga Gotoku Studio a eu la bonne idée d’ajouter des dizaines de mini-jeux dans Judgment. Grâce à des bornes d’arcade réparties à travers toute la ville, vous pourrez jouer à des jeux d’arcade, baseball, tennis, tir aux fléchettes sans compter les incontournables licences SEGA ! Toutes ces activités vous permettent vraiment de sortir de la peau d’enquêteur pour vous concentrer sur Yagami lui-même : du gameplay totalement différent et qui fera plaisir aux plus nostalgiques d’entre vous. On ne peut qu’adorer : SEGA nous gâte !

De nombreux titres SEGA d’antan et connus des aficionados des bornes d’arcade sont jouables : Kamuro of the Dead et House of the Dead mais aussi Fighting Vipers, Virtua Fighter 5 Final Showdown, Fantasy Zone, Space Harrier, Motor Raid et même Puyo Puyo ! D’ailleurs, certains de ces mini-jeux sont jouables en multijoueur local depuis le menu d’accueil du jeu. Enfin, on a beaucoup aimé nous initier aux courses de drones : vous devrez tester vos réflexes sur des circuits à grande vitesse, sur un fond musical endiablé, à travers les buildings de Shinjuku.

Space Harrier sur Stadia : qui l’eût cru ?

Partager sa progression à ses amis grâce au State Share

À notre plus grande surprise, Judgment est doté du State Share, une façon de partager très facilement votre partie à d’autres joueurs, et vice-versa. Ni Google, ni SEGA ne l’ont annoncé mais c’est en prenant des captures qu’on s’est aperçu que la fonctionnalité était bien présente. Vous pouvez donc démarrer un niveau avec les aptitudes et l’inventaire d’un joueur, sans affecter votre progression. Plutôt pratique !

Partager sa partie à ses amis grâce au State Share

ON A AIMÉ
+ Le choix des voix (japonaises ou anglaises) et intégralement sous-titrées en français
+ L’excellence du remaster : fluidité, chargements rapides, 4K60 et tous les DLC !
+ Kamurocho : magnifique quartier, riche visuellement et en activités
+ Histoire très aboutie et captivante : plein de mystères à résoudre…
+ Durée de vie conséquente (plus de 40h pour l’histoire principale)
+ Partager sa partie grâce au State Share : gadget bien pratique
+ Mini-jeux et bornes d’arcades : du fun 100% nostalgique, merci SEGA !

ON A MOINS AIMÉ
Phases de filature plutôt redondantes et vite lassantes
Les murs invisibles cassent l’immersion et peuvent frustrer le joueur
Parfois difficile d’orienter la caméra en plein combat

Dans le quartier de Kamurocho, difficile de se balader sans faire attention à tous les drames qui mettent en avant les côtés les plus sombres de Tokyo comme les meurtres en série. Si vous enfilez une tenue de détective privé pour la première fois, pas de panique, vous serez guidé tout au long de cette aventure dans l’univers Yakuza. À notre plus grand bonheur, la vie de Yagami est plutôt hors du commun et vraiment captivante : certaines enquêtes et mises en scène sont dignes d’un film d’action ! Le système de combat est complet et incite fortement à choisir son style de jeu. Drogue, alcool, règlements de comptes, tout peut justifier d’en venir aux poings pour sauver l’honneur de sa famille… Vous pourrez même partager vos parties à vos amis via le State Share, pratique, certes, mais avec peu d’explications sur son fonctionnement, dommage. Loin d’être un simple remaster avec la présence de tous les DLC, sa refonte graphique et des temps de chargement dignes d’une console next-gen, Judgment est une longue aventure qui vous tiendra en haleine, on ne peut que recommander !

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