Immortals Fenyx Rising : une démo au pays de Déimos

Il y a quelques jours s’est tenu “Good Stuff“, un événement organisé par Google pour divulguer pas mal d’annonces à propos de Stadia dont la disponibilité gratuite et pour tous de trois démos de jeux qui ne sont pas encore disponibles sur Stadia mais aussi partout ailleurs. L’une d’entre elles nous vient d’Ubisoft et avait déjà été dévoilée lors du Ubisoft Forward le mois dernier : une démo exclusive d’Immortals Fenyx Rising – anciennement nommé Gods and Monsters – un jeu d’aventure qui emprunte autant au cultissime The Legend of Zelda : Breath of the Wild de Nintendo qu’à Assassin’s Creed Odyssey lui-même développé et édité par Ubisoft. Alors de quoi il retourne vraiment dans cette nouvelle incursion dans la mythologie grecque ?

Les dieux ont été vaincus. Typhon, le plus dangereux des Titans, s’est libéré de sa prison et a subtilisé l’essence de leurs pouvoirs. Plus puissant que jamais, il est sur le point de faire sombrer le monde dans le chaos. Les dieux ne peuvent alors confier leur salut qu’à une guerrière nommée Fenyx qui s’est échouée mystérieusement sur leur terre. Elle se verra confiée la lourde tâche de rendre leurs pouvoirs aux dieux et – grâce à leur aide – d’anéantir Typhon. Un voyage épique à travers la mythologie grecque mais aussi initiatique pour la jeune humaine qui ignore tout de ses origines.

Notre jeune guerrière devra donc explorer un monde assez imposant découpé en sept régions, chacunes truffées de mystères, de secrets et de monstres. Néanmoins, dans le cadre de cet essai temporaire, nous avons accès à un petit archipel totalement inédit qui n’existe pas dans le jeu complet où le but est de terrasser un cyclope qui a été gelé par la magie de Circée, la sorcière des mers. Très vite, vous allez vous rendre compte que cette épopée nous est contée par Prométhée qui a été enchaîné par Zeus à un rocher sur le mont Caucase pour avoir volé le feu sacré de l’Olympe afin de le convier aux humains. Comme le suggère d’ailleurs Prométhée à son geôlier, l’exactitude historique du contexte de cette démo laisse à désirer puisque Zeus invente littéralement une quête pour Fenyx de toute pièce quitte à manipuler la vérité. Ce qu’on constate surtout, c’est qu’au-delà de briser le quatrième mur, la démo prend place à un stade très avancé dans le jeu.

Ainsi, Fenyx a déjà accès à la majeure partie de ses pouvoirs lors de sa recherche du chant des sirènes, une lyre légendaire qui pourra briser le sort lancé par Circée sur le cyclope. La jeune protégée de Prométhée peut donc se battre avec son épée, mais également décocher des flèches avec son arc ou encore déstabiliser les ennemis avec son marteau. Elle dispose également d’une paire d’ailes qui lui permettent d’effectuer un double saut mais également de planer dans les airs sur une longue distance. L’étendue des possibilités est donc vaste ce qui est à la fois un point positif car cela nous donne un bon aperçu du gameplay général du jeu mais c’est aussi un petit point négatif car on se retrouve noyé sous de nombreuses combinaisons de touches sans vraiment d’explications.

Il découle de cela un sentiment un peu brouillon lors des différents combats qui se dressent devant nous dans cette courte aventure d’autant plus que ces phases d’action manquent de dynamisme. On ne ressent pas vraiment l’impact des coups que l’on assène à nos ennemis, ni les coups qu’on reçoit de leur part. Vu le contexte avancé de la démo, on doit également se débrouiller en ce qui concerne la compréhension de certaines mécaniques comme la présence d’une jauge de “choc“ pour les ennemis les plus imposants comme ce fameux cyclope – notre objectif principal – qui permet d’infliger +45% de dégâts supplémentaires lorsqu’elle est remplie.

Outre faire jouer sa lame et nous faire profiter de chorégraphies aériennes en se battant, Fenyx devra – et en l’occurence vous devrez – faire jouer les méninges lors de petites énigmes. On en dénombre plusieurs dans le cadre de cette démo comme résoudre un puzzle à l’aide de boules lumineuses, activer des mécanismes en fonction d’un poids donné à poser dessus ou encore décocher une flèche télé-guidée jusqu’à un objectif lors d’un parcour semé d’embûches. Ces différentes joutes intellectuelles sont très appréciables et semblent très variées. Impossible de savoir toutefois ce qu’il en sera dans le jeu final, celles proposées ici n’étant pas bien difficiles.

Entre deux combats ou deux énigmes, vous pourrez aussi utiliser votre temps pour explorer votre environnement. Les occasions sont nombreuses pour déambuler dans ces décors féériques que ce soit pour ramasser des matériaux afin de fabriquer des potions ou découvrir des zones cachées où gisent des coffres remblis de bons loots. De quoi faciliter la quête de la jeune guerrière dont la difficulté peut être réglée au début de la partie. Ce curseur permet de jouer sur la difficulté des combats mais également sur les énigmes en accordant par exemple plus de temps à celles qui sont chronométrées.

D’ailleurs, toute cette histoire fait l’objet d’un pari entre Zeus et Prométhée – un parmi tant d’autres : si Fenyx parvient au bout de sa quête, alors Prométhée retrouvera sa liberté. Vous avez peut-être percuté déjà tout à l’heure mais en réalité, vous allez vivre les aventures de la jeune guerrière en même temps qu’elles sont racontées par les deux comparses. Et c’est un point sur lequel Immortals Fenyx Rising se veut très original. En effet, ils n’hésiteront pas à de nombreuses reprises à se chamailler sur certains détails, modifiant alors le vécu de la jeune fille sous vos yeux.

Par exemple, à un moment donné, ils se disputent pour déterminer contre qui vous devez vous battre. Des harpies, des moutons, des coqs ? Qu’à cela ne tienne ça sera des coqs ! Et vous voilà luttant contre un groupe de gallinacés en colère qui ne souhaitent que votre mort. Un exemple parmi d’innombrables autres de l’humour totalement décalé qui caractérise le titre, de l’humour distillé tout le long de l’aventure au gré des nombreux commentaires lâchés par Zeus à son prisonnier. Cette version de démonstration exclusive à Stadia nous dévoile un bon aperçu de ce ton assez caustique mais plus généralement bon enfant et l’ironie souvent présente dans les réparties de Zeus sont renforcées par la voix française de Lionnel Astier. Malheureusement, contrairement à ce qu’on aurait pu imaginer au vu du casting, le doublage français ne sonne pas toujours juste. Est-ce qu’il s’agit simplement d’un cas isolé du fait de la démo dont le contenu a été doublé uniquement pour celle-ci ? Ce point sera à vérifier lorsque le jeu complet sera disponible. Tout comme l’humour, il s’agira probablement d’un point qui divisera, on vous laissera donc juger de si cela vous plaît ou non.

Même constat en demie-teinte en ce qui concerne l’aspect graphique du titre. Les terres qui s’étendent devant vous sont très jolies, dépeintes par un cell shading de toute beauté mais l’ensemble est gâché par une modélisation des personnages plus sommaire et une mise en scène assez statique. Fenyx semble souvent être aux abonnées absentes pendant les cinématiques et de manière générale, les animations ne sont pas des plus fluides. Les couleurs sont également un peu ternes mais globalement, on en prend quand même plein les yeux avec des effets de lumière chaleureux qui relèvent le tout. De même, on ne s’en rend pas forcément compte lors notre session de jeu mais les différentes régions devraient toutes être uniques en leur genre et proposer un dépaysement de tous les instants.

Enfin, précisons que cette démo inédite est la seule et unique façon de goûter à Immortals Fenyx Rising avant sa sortie câlée le 3 décembre. Comme toutes les autres démos annoncées lors de l’événement “Good Stuff“ celle-ci est disponible pendant sept jours à savoir jusqu’au 29 octobre à 17h (heure d’hiver oblige). Si vous terminez celle-ci, vous pourrez par ailleurs débloquer une tenue qui ne s’obtient nulle part ailleurs et que vous pourrez utiliser peu importe la plateforme que vous choisissez pour jouer grâce au service unifié de l’éditeur, Ubisoft Connect.

ON A AIMEON A PAS AIME
– Un open world qui s’annonce grand et rempli de choses à faire
– Les décors sont colorés et le cell shading fait son effet
– Le doublage VF avec notamment la présence de Lionnel Astier
– L’humour omni-présent
– Le contenu inédit de la démo et la récompense exclusive à la fin
– Les combats ne sont pas assez percutants
– … mais celles-ci semblent parfois ternes ou délavées
– … mais qui manque de justesse et semble surjoué
– … mais peut être trop présent, justement.

Difficile de se forger un avis définitif avec cette démo d’Immortals Fenyx Rising. Cette incursion limitée au pays des dieux grecs nous a montré les nombreux points positifs du titre comme les décors somptueux et féériques, la présence de nombreux secrets à découvrir et d’énigmes à résoudre ou encore l’humour décalé disséminé dans tout le jeu. Mais ces points positifs sont contre-balancés par des défauts comme des combats un peu mous ou la direction artistique qui manque un peu d’âme et d’autres détails que certains apprécieront et que d’autres détesteront comme les commentaires de Zeus peut-être un peu trop présents. Quoiqu’il en soit, il ne fait aucun doute qu’Immortals Fenyx Rising sera au minimum un bon jeu à défaut d’être un très bon jeu. Verdict le 3 décembre lorsque le jeu sera disponible.

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