HUMANKIND : stratégiquement addictif, un pas de géant pour l’Humanité

Premier jeu de stratégie à débarquer sur Stadia, HUMANKIND met les petits plats dans les grands. Orienté vers un aspect « 4X » (eXploration, eXpansion, eXploitation et eXtermination), la nouvelle pépite d’Amplitude Studios éditée par SEGA nous a littéralement coupé de la réalité au point où nous avons passé des dizaines d’heures sans que l’on s’en rende compte. La formule secrète est simple : un titre particulièrement complet, une jouabilité qui se chiffre en centaines d’heures, du multijoueur jusqu’à dix, du State Share pour jouer les parties d’autres joueurs et le Direct Touch, le contrôle tactile pensé pour Stadia. Évidemment, nous ne pouvons pas détailler toutes les possibilités qu’offre HUMANKIND : dans ce test, nous vous montrerons quelques bases du jeu et nous vous expliquerons en quoi nous pensons qu’il vaut largement son prix.

Cette review a été réalisée grâce à un accès au jeu fourni par Google, merci pour leur confiance !

Véritable bijou artistique, made in France

HUMANKIND n’a pas choisi son nom au hasard : le but du jeu est très simple puisqu’il faut mener l’Humanité à travers les Âges, en marquant le plus possible l’Histoire. Oubliez les « choix à la Civilization », tous les joueurs commencent de la même façon. En effet, la tribu Nomade est le point de départ incontournable. Construire un premier avant-poste, faire ses premières découvertes, partir chasser… Tant d’activités obligatoires pour posséder assez de savoir et obtenir votre première Civilisation. Ainsi, le titre d’Amplitude Studios opte pour un équilibre dès les premières minutes de jeu en plaçant tous les joueurs et l’IA sur le même pied d’égalité. En lançant votre première partie, vous serez aussi ébahis que nous tant par la beauté des environnements que par le soin apporté à chaque parcelle de terrain qui composent les continents et océans. L’immersion est d’autant plus plaisante grâce aux somptueuses musiques – qui varient selon les peuples et la situation – et effets sonores particulièrement réussis : HUMANKIND a réellement de quoi vous happer pendant de nombreuses heures sans que vous vous en rendiez compte.

HUMANKIND brille par ses qualités graphiques, ses biomes, ses musiques

Carte générée aléatoirement oblige, jamais vous ne retrouverez les mêmes dispositions de terrain (et d’ailleurs on a beaucoup apprécié tous les paramètres de personnalisation à ce niveau là) ni les mêmes climats, peuples, merveilles ou secrets naturels. De plus, l’échelle des possibilités de gestion est assez impressionnante. En effet, nous avons été surpris de voir à quel point on peut réellement avoir un impact sur toute la carte. Une forêt vous gêne ? Appelez vos bûcherons. Vous avez peur d’une ville ? Envoyez-leur un missile nucléaire. Vous verrez qu’à partir du début de l’Ère Industrielle, vous devrez faire attention à la pollution générée, au point de rendre le monde invivable… On peut réellement contrôler tout ce que l’on veut d’où le caractère très addictif d’HUMANKIND. Il y en a vraiment pour tous les goûts ! N’oublions pas de mentionner qu’au fil des Ères, vous pourrez incarner près de 60 peuples historiques !

De la chasse aux Étoiles vers la conquête de l’Histoire !

Si vous connaissez un minimum les jeux de stratégie et tout particulièrement le genre « 4X », vous retrouverez vite vos marques et dès le début. HUMANKIND se déroule au tour par tour, ce qui veut dire que chacune de vos actions précède et succède celles de vos adversaires. Peu importe votre approche, vous obtiendrez des points de Gloire, condition suprême de victoire : la Civilisation qui laissera le plus de traces derrière elle sera déclarée gagnante.

HUMANKIND vous propose de traverser six Ères historiques, allant de l’Ère Néolithique avec les Hittites par exemple ou les Égyptiens – un incontournable – ou l’Ère Classique avec les Romains – le choix d’un Empire militaire. Citons également l’Ère du Moyen Âge – évidemment, pas de surprises, on prend les Francs – mais aussi l’Ère du Début de l’Âge Moderne (à la Conquête du Tiers-Monde avec les Espagnols !), l’Ère Industrielle (si vous aimez les batailles navales, l’Allemagne est une évidence) et enfin l’Ère Contemporaine où on se permettra de craquer pour les Soviétiques et leur Armée Rouge de Tanks !

Interface bien épurée, un plaisir

Pour ce faire, vous devrez obtenir différents trophées et étoiles d’Ères en menant à bien des missions et en développant vos villes, relations et tout ce qui gravite autour. Une fois le palier des sept étoiles d’Ères atteint, vous aurez le choix de changer de culture (par exemple, passer des égyptiens aux romains) ou alors de Transcender votre Civilisation pour bénéficier de bonus supplémentaires tout en la conservant. HUMANKIND démontre que l’Histoire n’est pas construite sur la base d’une culture unique mais plutôt sur un métissage de différentes philosophies et ethnies.

Tout commence par la création d’un avatar…

Quand expansion rime avec évolution

Les plus pacifistes d’entre vous seront déçus de constater qu’il est difficile de résister à la tentation de conquérir toujours plus de territoires. Réciproquement, l’IA – pourtant assez correcte – aura tendance elle aussi à s’approprier des terres et vous attaquer. Bien sûr, chaque Civilisation a sa personnalité : certaines sont militaristes, d’autres plus réservées… Vous aurez même l’occasion de rencontrer des peuplades, des sortes de tribus indigènes. On peut en devenir mécène en leur donnant de l’influence ou de l’or, recruter leurs mercenaires et les annexer si vous êtes suffisamment proches. Mais vos adversaires aussi… Le champ des possibles est assez dingue ! Si vous découvrez les « 4X », HUMANKIND a tout prévu, notamment en vous indiquant sur la carte les lieux parfaits à s’approprier, généralement riches en ressources comme les dépôts stratégiques, piliers du commerce et du développement.

L’évolution est expliquée au détail

Chaque passage à une nouvelle culture est suivie d’une jolie animation : Amplitude ne veut pas faire de leçons d’Histoire mais tout simplement montrer comment l’Humanité s’est développée dans ce brassage des cultures. Un point négatif, on aurait aimé devenir directement un peuple des Temps Modernes pour pouvoir s’essayer à la Guerre Industrielle, aux tensions liées au nucléaire… Mais non, HUMANKIND vous oblige à partir du Néolithique et ce à chaque partie, c’est sûrement imaginé pour rappeler que les Hommes ne se sont pas développés en quelques siècles mais en millénaires. Vous l’aurez compris, le résultat est particulièrement convaincant.

Profondément riche par son gameplay, HUMANKIND fonctionne sur un système classique de cases pouvant être exploitées et transformées en villes, quartiers, garnisons… Il nous aura fallu un peu plus de 20 heures pour finir notre première partie en mode Normal / Métropole avec une carte Grande. Chose intéressante, vous pouvez continuer la partie même en ayant atteint une des conditions de victoire. Vous trouverez des statistiques sur vos actions et votre évolution à travers les Ères : c’est épuré, facilement compréhensible, de quoi apprendre de vos erreurs et lancer une autre partie dans la foulée.

Guerre, religion, commerce : l’Histoire peut se ré-écrire à l’infini

Comme à chaque début de partie, l’excitation de partir à l’exploration laisse vite place à l’appréhension et au stress. Quel empire se cache derrière le brouillard ? Combien sont-ils ? Sont-ils pacifiques ? Tant de questions pour tant de situations inédites mais difficile de tout résumer… Au fil des tours, votre politique d’expansion (militaire, culturelle, scientifique, religieuse ou encore commerciale) se définira par vos actes, les doctrines que vous mettrez en place, les politiques instaurées et vos relations avec les peuplades et les autres Civilisations. Il vous manque du cuivre pour vous lancer dans la construction d’une armée ? Pas de soucis, signez un traité de commerce avec votre voisin et achetez-lui un accès à cette ressource ! Le plus amusant, c’est de voir que des charriots font vraiment tout le trajet de votre Capitale jusqu’au dépôt convoité : HUMANKIND a le sens du détail !

Les politiques sont assez faciles à comprendre tout comme leurs conséquences. Les lois se débloquent petit à petit et vous choisissez là où doit s’orienter votre Civilisation. Le tableau des idéologies (conservatisme VS. progrès, nationalisme VS. mondialisation, etc) offre tout un tas de bonus pour les extrémistes comme pour ceux qui cherchent un juste milieu. Ce tableau se voit aussi modifié par vos décisions durant des événements narratifs spéciaux tout comme la religion. À force de construire toujours plus de Merveilles (les Pyramides de Gizeh apportent de la stabilité et des bonus de production de nourriture par exemple) ou monuments religieux, vous pourrez influer l’opinion des villes adverses – HUMANKIND prouve encore une fois qu’une Civilisation peut avoir plusieurs religions – et favoriser une rébellion du peuple et ainsi les convertir à votre cause… Il y a tant de manières d’écrire l’Histoire !

N’hésitez pas à jeter un œil à la présentation du gameplay de HUMANKIND et à leur chaîne YouTube. Pour les néophytes, sachez que les tutoriels disponibles en jeu sont très détaillés, en plus de bonus vidéo qui expliquent avec précision tous les rouages de HUMANKIND. N’hésitez plus et lancez-vous !

Système de combat : oui pour la tactique, oui pour l’automatisme

Côté combat, HUMANKIND dispose d’une profondeur tactique assez poussée pour du tour par tour. Lors des batailles et assauts, une zone délimite les endroits où vous pourrez déployer puis déplacer vos différentes unités : un drapeau de capture vous donnera victoire si vous prenez celui de l’adversaire, mais une défaite s’il prend le votre ou si vous perdez toutes vos unités. Il faut aussi prendre en considération la morphologie du terrain, jouer avec les reliefs, les rivières ou toute autre entrave au déplacement et vous assurer de bien positionner vos armées pour prendre l’ascendant sur vos adversaires. Par exemple, un char ne peut pas escalader une falaise ou des murailles.

Puisqu’on parle des unités, sachez que chaque Civilisation possède une unité unique (les Conquistadors pour les Espagnols, les Éléphants de Guerre pour d’autres, par exemple) donc aucun combat ne se ressemble ! Nous n’avons pas réussi à avoir les avions et bateaux modernes pour les batailles navales, ni les missiles nucléaires mais les combats de fin d’Ères sont encore plus galvanisants qu’au Néolithique. Toutes les batailles sont jouables en mode automatique, c’est-à-dire que l’IA contrôle votre armée. Les combats sont d’ailleurs beaucoup plus rapides par ce moyen.

Partir au siège d’une ville !

Bien entendu, parmi les nombreuses interactions possibles avec les autres peuples, vous pouvez signer des traités d’alliance ou déclarer la guerre, à partir d’Exigences obtenues au fil de la partie, comme une intrusion, une attaque surprise, une ville… Si le moral de l’un des belligérants (ici représenté comme étant le Soutien de Guerre) descend à 0 – on en perd par exemple si nos villes sont pillées ou occupées, celui-ci doit s’incliner et signer sa reddition. Ainsi, on peut obtenir assez facilement des villes, avant-postes ou même vassaliser un peuple ! Pour le système d’alliances, on regrette un peu que l’IA réagisse parfois mystérieusement, comme lorsqu’elle ne vous envoit pas systématiquement des renforts si vous en avez besoin ou lorsqu’elle rompt des traités sans raisons apparentes…

Soutien de guerre à 0, reddition forcée

Jouer au tactile et s’affranchir du classique combo clavier / souris

Pendant nos longues sessions, nous avons switché entre le PC et le smartphone grâce au Direct Touch (disponible que sous Android pour le moment, plus tard pour iOS et web-app / navigateur Web). Nous avons joué pendant près d’une heure sur un smartphone de 6,5 pouces et mis à part l’affichage de textes parfois très condensés sur smartphones, l’expérience globale est fluide. D’ailleurs, Amplitude Studios a ajouté une icône loupe qui permet tout simplement de zoomer sur une partie de l’écran. En somme, la frontière cloud gaming / application native n’existe plus avec cette nouvelle innovation de la part de Google. Sur tablette, le résultat doit être encore plus convaincant ! On précise pour les joueurs manettes : passez votre chemin, le stick contrôle le curseur… ça fonctionne mais entre nous, c’est franchement désagréable. HUMANKIND, c’est du clavier / souris ou du tactile !

Bien sûr, chacune de vos parties peut se faire en multi-joueurs (partie publique ou privée) jusqu’à dix. Toutes les options de personnalisation de parties sont disponibles, vous pouvez aussi ajouter un temps limité pour chaque tour (30 secondes par exemple)… Il faut avouer que c’est une vraie partie de plaisir, un régal ! On regrette cependant que HUMANKIND ne soit pas cross-platform entre PC / Mac et Stadia… Dommage !

Du multijoueur aussi addictif qu’en solo

State Share : créez une Civilisation sur les traces d’autres joueurs

Un des avantages indéniables de craquer pour HUMANKIND sur Stadia, c’est de partager vos parties grâce à State Share – dont vous pouvez retrouver le fonctionnement complet ici. Chacune des captures vidéo ou d’écran contient un lien de partage comportant les informations sur votre partie : monde, peuple, nombre de tours, niveau de gloire… Toutes ces informations se mettent à jour à chaque tour, comme on peut le voir ci-dessous, avec la mention « État de jeu mis à jour ».

Ainsi, lorsque quelqu’un joue à votre état de jeu, il ou elle commencera une partie dans la version du monde que vous avez créé, exactement dans les mêmes conditions. Il ou elle entrera dans ce monde au tour 1 et fera sa propre progression dans l’Histoire. Au fil de l’aventure, il ou elle rencontrera les ruines de votre civilisation et pourra interagir avec les grands exploits que vous avez accomplis. L’onglet « Défis Créateur » permet de comparer l’évolution des deux parties en terme d’évènements majeurs de l’Histoire.

A la différence du multi-joueurs asynchrone proposé avec le State Share de PixelJunk Raiders, le State Share sur HUMANKIND permet de retrouver en jeu des vestiges de la Civilisation du joueur qui a créé le partage, considéré en fait comme étant une « version alternative de l’Histoire ». Là où c’est très bien vu, c’est qu’Amplitude Studios l’a imaginé pour que cette fonctionnalité vous permette vraiment de vous mesurer à d’autres joueurs et de voir quels impacts ont eu leur Histoire sur la votre, avec divers évènements qui apparaissent, comme des cadeaux ou malus… On adore, et c’est seulement sur Stadia !

Parties interconnectées grâce à State Share

ON A AIMÉ
+ Un véritable vent de fraîcheur sur les jeux de stratégie !
+ Graphiquement très propre, au gré de sublimes musiques
+ De la préhistoire jusqu’à l’ère moderne, 60 peuples… Profondément complet !
+ Implémentation du State Share bien pensée (vestiges, évènements, scores…)
+ Ergonomie des interfaces et didacticiels très détaillés pour s’initier au genre
+ Direct Touch : innovant et utile pour jouer sur smartphones et tablettes
+ Évènements aléatoires, conquêtes, commerce, guerres : difficile de s’ennuyer !

ON A MOINS AIMÉ
Pas de multi-joueur cross-platform PC / Stadia, dommage !
Quelques soucis d’équilibrage, d’IA et parfois des ralentissements au fil des tours

Vous ne pouvez pas imaginer quels sentiments procure HUMANKIND tant on a eu du plaisir à y jouer. Certes, on pourrait penser qu’un jeu de stratégie n’est pas fait pour tout le monde. À notre grande surprise, vous pouvez facilement vous initier au genre à travers les didacticiels vidéos très soignés et les tutoriels détaillés. Addictif de part toutes ses possibilités, HUMANKIND est une petite merveille qui continuera de s’améliorer avec le temps. On regrette l’absence de multi-joueur cross-platform même si les fonctionnalités Direct Touch et State Share compensent largement ce défaut. Au final, Amplitude Studios a créé un « 4X » dont les connaisseurs retrouveront des inspirations « d’un Civilization » même si les cultures, peuples et autres fonctionnalités permettent à HUMANKIND d’apporter un vrai vent de fraîcheur au genre. HUMANKIND se veut indispensable pour tout adepte des jeux de stratégie et pour les curieux qui veulent écrire l’Histoire à leur sauce. Jusqu’où mènerez-vous l’Humanité ?

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